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Script du débat philo Paul Blet CE2-CM1 - 10 février 2004 - Ca fait comment de mourir ?

Publié le vendredi 2 mars 2007.


Débat philo Paul Blet CE2-CM1 - 10 février 2004 - Ca fait comment de mourir ? [64 mn 23 s]

Anne : enseignante de la classe

JF : intervenant

+ moment de silence (plus long en rajoutant des +)

.. hésitations parlées (plus longues en ajoutant des .)

¤¤ bruits, rires, chuchotements (plus longs en ajoutant des ¤)

JF : Alors euh.. on va faire peut-être.. on va faire deux choses pour euh.. pour cette séance. Alors c’est deux heures moins le quart donc on finira à.. à.. hum trois heures moins le quart. D’accord ?

- plus tard...

JF : Comment ?

- plus tard que d’habitude.

JF : un peu plus tard que d’habitude.+ euh... donc.. je vais d’abord.. premièrement, on va essayer de se.. de.. de se.. de se souvenir des règles. D’accord ? De re-énoncer les règles. Et la deuxième chose qu’on va faire, c’est qu’on va essayer de se souvenir du.. du débat de la dernière fois et puis s’il y a eu des sujets qui ont été proposés. D’accord ? bon, au niveau des règles euh bon on.. on y va [Il montre le premier élève à avoir levé le doigt]

- eh ben..

JF : ton prénom ?

- euh Pablo

JF : ouais Pablo

Pablo : ben euh quand on nous interroge quand on lève le doigt, il faut donner son prénom.

- et on coupe pas la parole..

JF : d’accord, ça c’est.. [1mn] ça c’est.. ensuite ?

- moi je m’appelle Manon.

JF : Manon

Manon : et la règle aussi qu’il ne faut pas faire des petits bruits parasites parce que ça enregistre.

JF : d’accord. Ca c’est.. ce sont des règles un peu.. secondaires mais.. alors euh oui.

- Moi je m’appelle Morane, faut pas parler quand y’a quelqu’un qui parle, faut pas faire pssssiiiiitt, parce que après..

JF : d’accord. Donc, oui.

- [inaudible]

JF : ton prénom ?

- Emma

JF : Emma Emma : il faut pas couper la parole comme Morane a dit, il faut.. il faut lever le doigt comme ça.

JF : faut lever le doigt euh.. on continue ? Bon vas-y

- il faut attendre qu’on nous interroge pour parler

JF : d’accord il faut attendre d’avoir la parole. On va continuer oui. [l’un des 4 enfants sourds-muets de la classe s’exprime par des signes, c’est la traductrice qui parle pour lui] Traductrice : Comme dit tout à l’heure Manon et Morane, je pense qu’il y a effectivement.. tout le monde est concerné, parce que tout le monde est concerné en fait toi aussi toi aussi toi aussi, tout le monde souvent [2mn]parle à côté donc..

JF : c’est.. c’est quoi son prénom ?

Traductrice : Pierre

JF : Pierre. Bien on va continuer ? Emma.. Emma alors puisque personne d’autre veut prendre la parole.

Emma : je m’appelle Emma. Et puis hum.. mais aussi il faut.. euh.. quand y’en en un qui lève le doigt alors qu’il a jamais parlé ben faut lui laisser la parole.

JF : Oui d’accord, ça c’est la.. la règle de priorité. Par contre il faut peut-être expliquer ce qu’on fait ici quand même. Par moment ce sont des règles un peu secondaires et accessoire mais ça ne veut pas dire ce qu’on fait. Axel.

Axel : euh.. ben.. on.. on va choisir un thème..

JF : Ouais

Axel : et on.. on va parler dessus.. pour ce qu’on sait ou ce qu’on aimerait savoir.

- ou ce qu’on sait mais..

JF : tut tut tut tut, t’as pas la parole. ++ euh.. [3mn] c’est quoi ton prénom ?

- Léa.

JF : Léa.

Léa : c’est pour.. en fait on va faire de la philosophie. C’est des.. c’est des thèmes.. la philosophie en fait c’est des thèmes un peu euh.. + des thèmes où il y aura jamais de réponses comme : le paradis existe, à quoi sert l’amour ? il peut y avoir des réponses mais c’est vraiment euh.. c’est pas du tout gagné. C’est..

JF : hum d’accord. Morane.

Morane : je m’appelle Morane, c’est aussi parce que y’en a.. enfin y’en a des personnes en classe qui aimeraient bien savoir des.. des choses quoi.. hein des.. je sais pas moi. Qui aimeraient bien le savoir parce que c’est.. les réponses c’est pour essayer avec les autres comme ça.. on pourrait avoir un petit peu des informations, puis après on pourrait essayer de se faire une réponse à soi-même.

JF : d’accord. ++ [4mn] ++ j’avais.. j’avais euh.. j’avais précisé le.. le.. la dernière.. enfin la première fois que c’étaient des questions.. que c’était sous forme de questions les.. sujets dont on allait débattre, c’était sous forme de questions et c’étaient des.. des questions qu’on se euh.. qu’on se pose depuis toujours quoi.. + et on n’a pas.. on n’a pas de réponse, d’accord ? ou on n’a pas de réponse très satisfaisante. D’accord ces ces.. ces for.. enfin ce sont ces question là en priorité que l’on.. que l’on se pose. D’accord ? et.. alors peut-être que vous avez.. vas-y.

- Alors aussi c’est..

JF : rappelle-moi, excuse-moi ?

- Victor

JF : Victor

Victor : euh moi.. c’est des questions que.. qu’on ose pas demander.. euh enfin on peut pas la demander à.. euh.. comme si on avait peur euh.. que tout le monde pose.. se pose pas la même question bien-sûr [5mn] mais on ose pas la poser.

JF : d’accord euh..
- [inaudible]

JF : euh... Léa.

Léa : enfin moi c’est une question que je voudrais poser c’est..

JF : ah ben attends, on n’en est pas là encore.. on n’en est pas là. Pour le moment on était dans les règles. Donc on va.. après on va voir. Alors là c’est.. c’est sous forme de.. de discussion hein ce que.. ce que on.. on veut ici, c’est débattre ou discuter. D’accord ? ensemble. Débattre et discuter ensemble hein, il faut qu’on écoute l’autre évidemment ça vous l’avez dit et surtout qu’on cherche à lui répondre ++ et que on explique.. on explique ce qu’on dit + d’accord ? + Alors maintenant, je pense qu’on a fait le tour des règles.. on.. on.. on trouve.. on se souvient peut-être de ce qu’on avait dit la dernière fois, de quel sujet on était parti ?

- l’amour..

JF : et tout ça.. et qu’est-ce qu’on a dû dire..

- Qu’est-ce que l’amour ?

JF : alors Léa. Qu’est-ce que l’amour ? [6 mn]

Léa : oui et puis on..

JF : c’était pas vraiment qu’est-ce que l’amour ?

Léa : non à.. à quoi sert l’amour ?

JF : voilà..

Léa : moi j’avais une question c’est : pourquoi des gens par exemple préfèrent cette couleur et pas d’autres ? par exemple euh..

JF : ah oui sur les goûts alors. D’accord. Pourquoi les gens préfèrent cette couleur et pas d’autres ? + D’accord. Euh... en.. on.. donc le sujet.. est-ce que.. est-ce que.. Alors, la possibilité hein : soit on continue sur le même sujet, soit on pro.. on pose d’autres questions. Donc, si y’en.. si y’en a qui on ont des questions, vous levez le doigt et puis on va les noter, puis après on choisira comme d’habitude. Alors euh.. oui, j’ai oublié ton nom.

- moi je m’appelle Yacine.

JF : oui Yacine. Vas-y.

Yacine : et.. ma question c’est.. ça fait comment de mourir ? +

JF : ça fait comment de mourir ?

Yacine : oui la mort c’est.. c’est..

- ça renvoie un peu..

JF : tchut tchut [7 mn] tchut. [puis presqu’en chuchotant] tchut tchut tchut. + Ca fait comment de mourir ? ++ on continue ? oui.

- Ben je m’appelle Victor

JF : Victor.

Victor : et donc euh je voudrais aborder sur le thème de Mathis qu’il avait proposé c’était sur euh le racisme.

JF : alors c’était.. est-ce que tu peux euh.. alors euh..

Victor : c’était Mathis qui l’avait abordé le thème du racisme.

JF : j’avais quelque chose à vous proposer

- [inaudible]

JF : attends.. attends deux secondes j’avais quelque chose à vous proposer. Je voulais proposer ça à Patricia c’est que la.. la première semaine après les vacances on a une.. on devrait avoir une séance, donc le mardi, et c’est la semaine d’action contre le racisme. On est partenaire au niveau de l’association, de mon association, on est partenaire pour faire un café-philo avec l’université [8 mn] et peut-être que il y aurait la possibilité peut-être de faire venir des étudiants étrangers par exemple ou des.. et.. et.. qu’on débatte.. qu’on fasse un débat sur le racisme. Voilà on garderait cette question sur le racisme pour cette semaine là. Alors j’ai pas vu encore avec Patricia si ça serait possible..

Anne : je vais lui en parler.

JF : donc Victor tu en as d’autres ?

Victor : ben oui , y’a aussi ce que j’avais.. pourquoi j’existe ?

JF : Pourquoi j’existe ?

Victor : et l’autre c’était..

- pourquoi j’ai ces parents et pas d’autres ?

Victor : voilà.

JF : c’est récurent : pourquoi j’ai ces parents et pas d’autres ? + [9 mn] +

- j’aimerai avoir le mien..

JF : très bien d’autres questions ? alors oui je sais pas ton prénom mais tu vas le dire.

- euh.. moi je m’appelle Guillaume

JF : Guillaume

Guillaume : y’avait.. y’avait une question.. euh... qui... je sais plus qui est-ce qui l’avait proposée c’était euh... je sais pas je sais vraiment plus qui l’avait proposée mais..

JF : c’est pas grave

Guillaume : le paradis existe-t-il ? j’aimerai bien continuer ce..

JF : t’aimerais bien continuer sur ce sujet là ? Ok, euh.. oui.. euh..

- Nina

JF : Nina

Nina : moi j’ai deux questions, la première c’est : pourquoi on a ces prénoms et pas d’autres ?

- ben.. c’est nos parents.

JF : tchut tchut tchut

Nina : et pourquoi on a ce nom de famille ?

- ben c’est facile.

JF : tchut tchut tchut. tchut tchut tchut. Je ne sais pas si y’a beaucoup de choses qui sont faciles ++ on continue ? on continue. Euh..

- Manon

JF : Manon

Manon : moi je suis un peu d’accord avec Guillaume j’aimerais [10 mn] bien euh continuer le thème : pourquoi le paradis existe ?

JF : on va voter hein on va voter.. donc je le mets.. et puis.. hein.. je vais faire comme d’habitude je choisis 3 à 5 sujets, on vote et.. donc je le mettrai puisque vous êtes deux je le mettrai. D’accord ? Alors on con.. quelqu’un qui n’a pas proposé encore euh.. Axel tu n’as pas proposé ?

Axel : si, une fois

JF : si. Non mais là aujourd’hui ?

Axel : euh.. non.

JF : Non ? vas-y.

Axel : euh.. ben moi je voudrais.. enfin je voudrais euh.. proposer quelque chose c’est euh.. est-ce qu’il y a une fin euh.. à l’espace ? ++

JF : ah ouais.

- c’est un peu la même que la première..

JF : alors donc c’était en référence au premier débat qu’on a fait sur l’espace

Axel : hum ouais

JF : t’étais peut-être pas là ? Si.

Axel : si j’y étais.

JF : t’étais là. C’était qu’est-ce que l’espace ? ou c’est quoi l’espace ?

- C’ét..

JF : non, c’est quoi l’infini ?

- c’est quoi l’infini ?

JF : voilà c’est quoi l’infini ? oui

- oui

JF : ton prénom ?

- moi je m’appelle Mathis.

JF : Mathis

Mathis : et aussi j’aimerai proposer une euh + un.. comment ça s’appelle ?

JF un sujet ?

Mathis : euh..un sujet euh... pourquoi en fait avant quand y’avait, par exemple à l’époque des chevaliers, pourquoi on y est plus encore ? pourquoi on n’y est plus ? pourquoi c’est pas tout le temps parce que les dinosaures ça.. ça serait peut-être tout le temps parce que.. il sont morts mais après ils peuvent revivre.

JF : ouhlà.. [rires] non mais c’est pour formuler euh.. comment tu veux formuler ça ? comment tu veux dire sous forme d’une question ? après si c’est choisi.. si c’est choisi la personne qui a proposé le sujet choisi doit l’introduire et expliquer pourquoi on a proposé ce sujet. D’accord ? donc après tu tu tu expliq.. tu expliqueras mais il faut que tu donnes une question qui synthétise un peu hein ?

Mathis : ben euh.. ché pas moi.

JF : Pourquoi on n’y est plus ? [rit]

- pourquoi le temps passe ?

JF : pourquoi le temps passe ?

- [Yacine] non c’est : pourquoi les ancêtres..

JF : alors [12 mn] attends attends. Pourquoi le temps passe déjà. Qu’est-ce que tu en penses ?

Mathis : ben..

JF : hein ?

Mathis : ben ouais.

JF : et alors.. tu voulais dire : pourquoi..

- [Yacine] pourquoi les ancêtres ne reviennent-ils pas ?

JF : ah oui.

- [Yacine] ..nos ancêtres.. les ancêtres

JF : voilà.. ces deux questions.. oui.

- Moi je m’appelle Rébécca.

JF : Rébécca.

Rébécca : c’est vrai que pourquoi le temps passe c’est bien. Parce que..

JF : ah ouais non mais euh on n’a pas encore choisi donc c’était.. t’as autre chose à proposer ? ++ donc attends attends attends attends on va.. on va.. euh oui.

- Je m’appelle Céline

JF : Céline

Céline : c’était pour.. comment les dinosaures sont nés ?

JF : Ah ouais toujours comment les dinosaures sont nés ? d’accord ++ est-ce que on.. on en prend encore une d’Emma ?

- [Morane] non non mais tu.. tu pouvais pas répondre. +

JF : Comment ?

- [Morane] tu pouvais pas répondre. [13 mn] + JF : tu pouvais pas répondre ? attends explique-moi ? Qu’est-ce que tu veux dire ? ++ non mais t’as raison. T’as raison parce que la dernière fois on avait dit quelque chose là-dessus. On avait dit que..

- les sujets en fait..

Anne : chut

JF : on avait dit quoi d’ailleurs ? vous vous en souvenez ?

- moi je..

JF : attends.. Emma a la parole là.. enfin Emma a la parole.

Emma : moi je crois que tu voulais pas répondre mais c’était Yacine je crois qui l’avait dit : pourquoi y’a.. y’a.. la.. la.. couleur de peau est différente ?

JF : ouais.

- [inaudible]

JF : pourquoi..

- c’est en fonction du climat

JF : pourquoi on a des différences de couleur de peau..

- c’était moi.

JF : des différences de peau..

- non c’est Léa.

JF : d’accord, mais.. et.. voilà.. j’avais.. on avait la dernière fois.. la dernière fois on avait commencé à.. à préciser un peu les choses par rapport au sujet en disant qu’il y avait des sujets ou il y avait des réponses.. : enfin..

- [Léa] et nous on voulait des sujets sans réponse..

JF : et.. nous nos sujets sont un peu.. on peut le trouver dans un livre hein. [14 mn]+ Pourquoi les dinosaures ont disparus ? on peut le trouver dans un livre. Voilà mais euh.. ++ peut-être que ça serait intéressant de euh.. prendre des sujets comme ça parce que euh.. Alors.. quelqu’un.. quelqu’un.. on va voter mais quelqu’un qui n’a pas encore proposé de sujet. Et puis on arrête d’accord ? parce qu’on va pas..

- Guillaume n’a pas proposé de sujet..

JF : non non.. euh.. Elvis. [s’exprime dans le langage des signes]

Chrystel [la traductrice] : alors je m’appelle Elvis. Comment est-ce que ça a commencé la vie euh.. au tout début quoi.. les hommes préhistoriques tout ça.. c’est pas possible ça..

- c’est une question scientifique.

JF : non non.. d’accord.

- c’est une question scientifique.

JF : tut tut..

- c’est facile..

JF : tut tut tut.. je ne sais pas s’il y a beaucoup de choses qui sont faciles..

- tout est facile

JF : euh.. donc on va.. [se tournant vers Anne] est-ce que tu peux les.. rappeler les questions ?

Anne : c’était quoi la dernière question ?

JF : euh...[15 mn] ++ sur le commencement pourquoi.. comment la vie a commencé ? Comment la vie a commencé ?

- les hommes préhistoriques

JF : les hommes préhistoriques. [Anne qui était aphone ce jour là préfère que ce soit un élève qui lise les questions] +++

- Ca fait comment de mourir (Yacine). Question sur le racisme.

Anne : ça on avait dit qu’on le mettrais de côté.

- euh.. ++ pourquoi j’existe (Victor) ++ Pourquoi j’ai ces parents et pas d’autres ? ++ (Victor). Pourquoi +++ Le paradis existe-t-il ? (Yacine). Pourquoi..

- C’est pas moi.

- C’est moi.

Anne : excuse-moi c’est Guillaume.

- +++ pourquoi on a ce prénom et pas d’autre ? (Nina) [16 mn] Pourquoi on a ce nom de famille ? (Nina) Y’a-t-il une fin à l’époque ?

Anne : à l’espace

- à l’espèce ?

Anne : à l’espace.

- à l’espace. Pourquoi on n’est plus au temps des chevaliers

JF : attends j’ai pas entendu.. ¤¤ plus fort ?

- pourquoi on n’est plus au temps des chevaliers ? Pourquoi le temps passe ? ++ Comment les dinosaures sont nés ? Pourquoi on a des différences de couleurs de peau ? +++ Anne : vous avez entendu ?

- non il a pas dit [17 mn] ce que j’ai proposé.

- si l’espace si.

JF : si si.

Anne : il a dit pourquoi..

- j’ai pas entendu..

Anne : .. y’a-t-il une fin à l’espace.

- ah t’as mal à la gorge.

JF : bon.. euh.. alors.. y’a Manon qui veut dire quelque chose..

- [Manon ?]oui en fait euh.. j’ai euh.. j’y.. j’y venais juste d’y penser à ce euh.. à ce thème. Je viens juste de penser à un thème, c’est Céline elle a proposé euh.. comment sont nés les dinosaures mais.. mais moi j’aimerais bien savoir comment ils sont morts ?

JF : D’accord.

- [Guillaume] ben y’a une météorite qui a fait un tremblement de terre..

JF : tchut tchut tchut. Guillaume. Guillaume. Euh.. Pierre veut dire quelque chose aussi. Pierre [en utilisant le langage des signes, Christel traduit] : je m’appelle Pierre, comment.. comment vient l’alphabet ? comment on sait écrire ? où est-ce qu’on a appris ? comment est-ce qu’on a inventé l’écriture ? ¤¤¤ [plusieurs élèves se mettent à parler en même temps]

JF : tchut tchut tchut. [18 mn] On.. on arrête pour les sujets là. Parce qu’on va pas.. il est déjà deux heures. On a trois quart d’heure pour débattre.

Anne : Guillaume !

JF : ça passe.. ça passe vite.

- on va passer deux heures ?

JF : comment ?

Anne : Guillaume ? Guillaume pose ton pull derrière toi.

- il est deux heures pas « passer deux heures »..

Anne : Derrière.. derrière.. la table.. derrière.. comme ça.. non, pose-le sur la table comme ça..

JF : le... donc.. ¤¤

Anne : Chuuut ¤¤

JF : Y’avais le sujet alors.. le sujet que.. c’est Axel non c’est Victor..

- non c’est Guillaume.

JF : Guillaume c’est pas grave.. c’est pas grave.. euh.. c’était euh.. euh..

- on voulais continuer..

JF : sur le paradis. Ca s’appelait comment ? C’était intitulé ?

- [Manon ?] Le paradis existe-t-il ?

JF : le paradis existe-t-il ? bon.. ensuite y’a Yacine sur.. sur.. la mort là.. [19 mn] moi ça m’intéressait +

- Y’a aussi

JF : c’était quoi Yacine ?

- comment on meurt ?

Yacine : comment ça fait de mourir ?

JF : comment ça fait de mourir ? ++ ouais ça ça me plait aussi et euh.. sur euh.. c’était quoi Victor sur l’existence ?

Victor : euh pourquoi j’existe ?

JF : Pourquoi j’existe ?

Victor : pourquoi j’ai des parents..

JF : pourquoi j’ai ces parents et pas d’autres ? ces.. ces quatre là.

- Est-ce que je peux moi ?

JF : c’est trop tard.. tu l’as pas donnée tout à l’heure ?

- Ben si

JF : c’était quoi ?

- c’est euh.. euh l’espace

JF : ah oui ++ euh.. ¤¤

- [Manon] Et les dinosaures pourquoi ils sont morts ?

JF : non je mettrai pas celui-là. ++ euh.. c’est bon, on va voter sur ces quatre là.

Anne : vous les avez entendu tous ? les quatre.

- non non

Anne : ben oui forcément Yacine [20 mn] ..

Anne : forcément tu fais autre chose. ¤¤

JF : ou alors.. ¤¤

- Est-ce qu’on pourra voter deux fois ? ¤¤

JF : oui. Alors.. je..¤¤¤

- oh non. ¤¤

JF : si.. ¤¤

Anne : chuuut.

JF : dans ces cas-là je le mets en.. en cinquième. Si tu veux parce qu’il faut pen.. penser qu’il y a toujours le sujet de la dernière fois qu’on peut reprendre. Donc c’était sur. Sur l’amour. Ca sert à quoi l’amour ? [Brouhaha]

JF : à quoi ça sert l’amour, d’accord ? ++ ensuite, pourquoi j’existe ? Ca fait quoi de mourir ?

- pourquoi j’ai ces parents..

JF : pourquoi j’ai ces parents et pas d’autres. Et.. et..

Anne : Pourquoi j’existe ?

JF : oui y’avait pourquoi j’existe ? et y’avait le premier.. c’était..

- Le paradis..

JF : le paradis existe-t-il ? Alors on est parti. Le paradis existe-t-il qui est pour partir sur ce sujet qu’on avait déjà hein.. [21 mn]débattu un peu.. une heure ? ¤¤

- y’a un truc qui cloche..

JF : on a le droit de voter plusieurs fois.

- c’est que Guillaume, c’est lui..

JF : c’est pas grave, c’est pas grave, il a le droit.

Anne : Ah Guillaume arrête..¤¤ chuuut.

JF : donc un pour le paradis existe-t-il ? Pourquoi j’existe ? ++ Pourquoi j’existe ? Alors décidez-vous. Non un.. une seule fois.. Un, deux, trois, quatre. Euh.. pourquoi j’ai ces parents et pas d’autres ? +

- [Victor] Allez-y..

JF : + un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf. Qu’est-ce qu’il y avait d’autre ? ¤ Ca fait quoi de mourir ? ¤¤ un.. alors c’est bon ? Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze, douze, treize, quatorze. Et c’était quoi l’autre ?

- L’espace, l’espace..

JF : non non. C’est quoi l’amour ? [22 mn]

- Pourquoi on prend pas l’espace ?

JF : parce que j’ai décidé.

Anne : il ont voté plusieurs fois.

JF : ouais ouais ils ont.. ils ont.. on peut.

Anne : Ah on peut revoter.

JF : on peut voter plusieurs fois

- à quoi ça sert l’amour ?

JF : A quoi ça sert l’amour ? ++ .. quatre, cinq.. cinq. Donc, ça fait quoi de mourir ? Alors.. d’abord c’est euh Yacine qui.. qui a proposé le sujet qui va essayer de l’introduire.. enfin essayer.. qui va l’introduire ou du moins euh.. expliquer pourquoi il a.. proposé un tel sujet. Yacine : j’ai proposé le sujet éh.. ce sujet parce que euh.. la maîtresse nous a fait montrereuh Petit Chaka et.. euh.. et.. et je voulais en savé encore plus..

- savoir.

- tais-toi.

JF : d’accord.. alors.. est-ce que tu peux.. est-ce que tu peux m’expliquer ? Parce que vous, vous êtes peut-être au courant mais que moi je ne suis pas du tout au courant de.. de.. l’histoire [23 mn]

- l’histoire ?

JF : ben oui.

Yacine : en fait c’est un petit enfant, il demande tous les jours à son grand père de.. de lui raconter une histoire, et son grand-père lui a raconté euh.. euh.. que les ancêtres ils étaient gentils et tout et que quand il serait mort, le grand-père, il serait toujours là parmi eux et.. euh.. ++ il serait toujours présent pour lui et tout mais.. il.. il.. faut pas l’inquiéter. Faut pas l’inquiéter, qu’il serait là pour le [inaudible] et tout

JF : d’accord

Yacine : à côté de [inaudible]

JF : d’accord

- je crois savoir pourquoi..

JF : alors on est parti. [en montrant du doigt] donc Léa.

Léa : c’est.. aussi je pense qu’il a posé cette question parce que la maîtresse.. on a discuté de ça et la maîtresse elle a dit : eh ben on va arrêter de parler de ça mais vous pouvez poser cette question en philosophie, comme on a philosophie demain, je pense que c’est.. je pense que c’est pour ça que Yacine a.. a posé cette question. [24 mn]

JF : D accord, ok. Alors.. c’est.. [en montrant du doigt] euh oui euh.

- Je m’appelle Céline.

JF : oui.

Céline : alors moi je pense que si on.. la mort elle n’existait pas ben.. ben ce serait pas si bien que ça parce que.. ¤¤

Anne : chuut

Céline : parce que.. moi je trouve que c’est mieux parce qu’autrement euh.. après on connaîtrait tout le monde. Enfin on irait toujours.. on aurait jamais d’autres amis [inaudible] on sait on sait pas trop parce qu’on sait pas rencontrer d’autres gens.

JF : d’accord.. euh.. j’ai oublié.

- joha..

JF : Johanna. [25 mn]

Johanna : Non j’ai pas levé le doigt. ¤¤

JF : tut tut tut tut.. donc Morane

- Elle a pas le droit..

Morane : moi je pense que si y’aurait pas la mort ça ferait un monde un peu vide parce que.. si.. la mort c’est quelque chose.. peut-être qu’y en a qui vont trouver ça bizarre mais si on ne meurt pas on est tout vieux, on peut rien faire tout seul..

- ben si, tu peux toucher..

JF : éh oh oh Guillaume.

Anne : chuuut

Morane : Ca sert pas à grand chose et puis c’est pas de toutes façons.. c’est pas..

JF : mais..

Morane : Je trouverais ça bizarre si personne mourrait, ça serait bizarre comme si y’aurait de la magie dans l’air.

JF : d’accord. Je vais.. je vais me permettre peut-être d’intervenir tout de suite, ce que je fais assez rarement mais là.. c’est que la question c’est quand même : ça fait quoi de mourir ? hein.. hein c’est bien ça Yacine ? Ca fait quoi de mourir ? hein

Chrystel : ce qu’il avait dit : ça fait comment de mourir

JF : même, ça fait comment de mourir ? ça fait comment.. [26 mn] hein.. Donc peut-être que il faut euh.. embrayer là-dessus vraiment ? C’est pas sur la mort en général quoi.. ça fait comment de mourir ? Léa.

Léa : ben moi je pense qu’on peut pas vraiment répondre à cette question parce que : ça fait comment ? ben si tu veux savoir comment ça fait t’a qu’à te tuer ! comme ça tu le saura mais euh mais non.. ce que je veux dire..

- moi je sais..

Anne : chuuut

Léa : ce que je veux.. mais.. c’est difficile à répondre à cette question mais euh.... moi je pense que c’est bien qu’on meurt parce que même.. même si ça peut être triste.. parce que moi quand je dis le mot mort, ça me fait penser ben euh.. moi la mort c’est : tu grandis, tu grandis, tu grandis et tac à un moment donné tu disparais et.. et si.. si on mourait jamais ben tu grandirais, tu grandirais et au bout d’un moment donné, tu t’entasserais, enfin, y’aurait beaucoup trop de monde je pense ça serait.. pas.. y’aurait énormément trop de monde et heu.. et là si personne mourrait ben y’aurait.. y’aurait encore des.. des.. des chevaliers [27 mn]ou des choses comme ça.. je pense que ça serait bizarre [inaudible] mais.. mais euh..

[Guillaume] mais non..

JF : mais tchut tchut.

Léa : mais je pense qu’on peut pas.. on peut pas demander comment ça se fait d’être mort parce qu’une fois que tu es mort, tu pourras pas dire.. tu peux pas.. tu... quelqu’un il veut savoir comment on est mort, il se tue et.. mais après il pourra pas revenir en vie pour aller dire ben voilà c’est comme ça quand on est mort..

JF : d’accord..

Léa : je pense qu’on peut pas répondre à cette question.

JF : ok ¤¤

Anne : chuchut chut.

JF euh.. Pierre.

Anne [en chuchotant] : tais-toi Guillaume..

Pierre : [enfant sourd-muet traduit] non non.. J F : hein ?

Pierre : non non j’ai rien à dire.

JF : je l’ai vu tout à l’heure lever le doigt.. donc Guillaume. Guillaume : eh ben une fois j’ai vu dans une émission qui s’appelle Incroyable mais vrai, c’était quelqu’un y’a très très longtemps il.. euh il y a un moment il s’était mis par terre, il avait arrêté de respirer, son cœur ne battait plus du tout, et puis après il s’est.. il s’est remis à battre.. d’un coup.

- heinnn..

Guillaume : Et..

- C’est pas possible..

Guillaume : [28 mn] il a pu donner une hypothèse sur la mort [inaudible]

- c’est pas possible..

JF : tchut tchut tchut

Anne : chuut

JF : faut lever le doigt. ++ euh... à toi.

- euh moi je m’appelle Mathis.

JF : Mathis.

Mathis : bé à propos de ce que dit Guillaume c’est pas possible parce que.. quand.. quand le cœur s’arrête de battre tout ne bat plus et on peut pas le faire.. on essaye mais on n’arrive pas.. personne n’y arrive à refaire battre le cœur ou.. ¤

JF d’accord. Donc Pierre.

Pierre [élève sourd-muet traduit] : je sais que j’ai entendu parler d’histoires comme ça ben pareil où la personne était.. était morte comme ça pendant.. son cœur s’était arrêté et puis finalement après il est revenu euh.. vivant.

- oui mais..

JF : euh euh..

- Théo.

JF : Théo.

Théo : donc euh ben je m’appelle Théo et.. euh.. ¤¤ et euh.. [29 mn] Léa, c’est euh.. enfin la question à Léa : est-ce que si euh.. si on meurt peut-être que.. peut-être qu’on pourra le redire si on revient à la vie mais dans un autre corps ou ché pas..

- ouais mais tu ne t’en souviens...

JF : tut tut tut

Théo : donc.. ça doit peut-être être comme ça.

JF : d’accord.

Théo : quand tu meurt peut-être on monte au ciel et puis revenir. Mais.. mais sinon se tuer et puis qu’on reste au ciel ça.. ça paraît un peu bizarre. +¤+¤

JF : C’est bon ? ++ quand je.. je dis votre prénom c’est pas la peine de la dire, d’accord ? euh.. euh.. c’est..

- Morane

JF : non à côté..

- Céline

JF : Céline

Céline : ben moi je crois pas que euh.. euh.. ben qui s’est remis à vivre comme Guillaume.. parce que quand même.. [30 mn] là tu étais mort, tu vas pas dire : bon bé là voilà je suis mort ++ attends je sais pas ce que fais.. ben voilà tu vas pas dire ça : ben t’es mort y’a plus rien qui fonctionne tu peux dire : attends je réfléchis ce qui se passe [rires] moi je crois pas qu’après il y a une hypothèse ah ben voilà.. ben.. ça fait tout bizarre, je sentais plus rien [rires] + JF : ok [inaudible]

- Moi je crois que c’est impossible parce que euh.. euh..

JF : alors c’est quoi qui est impossible ? dis..

- parce que Guillaume il dit que un homme qui se met par terre et qui respire plus après qui respire parce que quand tu peux plus respirer ben après ben si tu veux respirer tu peux pas parce que t’es déjà mort + donc..

JF : d’accord..

- c’est impossible seulement sinon il faut qu’il y ait quelqu’un qui t’appuie sur le pouls comme ça.

JF : Ok donc euh Rébecca.

Rébecca : ben moi. Ca... c’est à peu près comme tu dis [31 mn] tu veux pas enfin.. peut-être tu peux revivre après mais tu.. tu peux pas dire euh ce que.. qu’est-ce que ça fait quand t’es mort parce que c’est vrai, tu réfléchis plus enfin tu peux pas penser à bouger ta jambe.. par exemple + même à marcher ben tu peux pas.

JF : D’accord, Axel.

Axel : euh.. ben si ça se trouve c’était un robot.. ¤

JF : alors.. chut

Axel : on lui appuie sur un bouton et puis hop il existait plus puis on lui a appuyé sur.. encore sur le bouton puis après il s’est levé.

- c’est du trucage..

- c’est pas truqué..

JF : d’accord ok alors.. c’est bon ? vous êtes.. vous êtes tous là ? Alors Victor.. t’as pas parlé.. si t’as déjà parlé ?

Victor : non non.

JF : ben c’est à toi.

Victor : ben...donc je voulais dire sur l’hypothèse de Guillaume + et donc euh.. euh.. il nous avait raconté tout ça mais peut-être que c’est du trucage puisque la télé, ils sont.. ils sont prêt [32 mn] à tout faire pour faire : hola c’est incroyable..

JF : d’accord c’est du trucage, d’accord. ++ Manon.

Manon : c’est vrai.. je suis.. je suis.. je suis entièrement d’accord avec Victor que la.. que la télé.. ceux qui font passer l’émission, ceux qui filment pour que tous les habitants de la ville aient l’émission sur euh leur téléviseur eh ben la télé c’est prêt à tout faire pour impressionner ceux qui.. la télé est toujours prêt à faire n’importe quoi pour impressionner le public qui est sur le plateau de l’émission et tous ceux qui la regardent..

JF : d’accord..

Manon : puis ils sont prêts à tout.

JF : euh.. on va pas.. on va pas faire un débat sur la télé hein. Ok. Donc on.. on revient.. on revient peut-être un peu.. on revient au sujet mais c’était.. c’était intéressant de.. de préciser les choses. Euh Yacine. [33 mn] +

- si ça se trouve il dormait..

Yacine : moi c’est.. je m’appelle Yacine.

JF : oui Yacine donc c’est pas la peine de le redire..

Yacine : moi je trouve que c’est possible que.. qu’une personne a le cœur qui bat plus, qu’elle revit encore.

JF : alors..

Yacine : c’est parce que elle a le cœur qui.. qui.. revi.. qui est mort lui-aussi et on lui en met un autre.. un autre cœur ¤¤

JF et Anne : chuuut

Yacine : ça pourrait se faire.. ça pourrait se faire..

- les morts vivants ça n’existe pas..

JF : c’est.. c’est rare..

JF : d’accord. Ok.. alors la question que je posais.. parce que là vous.. vous êtes partis sur ce cas particulier mais la question qu’on pourrait se poser c’est que.. est-ce que cette personne était vraiment morte ? c’est ça. Donc.. euh.. euh Morane.

Morane : ben.. ++ eh ben moi je trouve que.. ce qu’il dit Guillaume ça.. ça [34 mn] pouvait pas être possible parce que quand.. le cœur c’est un peu comme une pompe et s’il s’arrête de.. s’il s’arrête de.. de pomper eh ben tout s’arrête. Le cerveau, le sang... tout s’arrête et puis je trouve ça bizarre que tout d’un coup il est mort puis son cœur y se remet à battre je trouve ça bizarre.. à moins qui.. qu’il ait quelque chose de particulier mais c’est bizarre. Et aussi ben je voulais dire que quand on est mort que.. on peut pas vraiment répondre à cette question parce qu’il y a plusieurs morts. Par exemple y’a la mort.. tu te fais assassiner par un couteau ça va être une mort, et si tu meurt par exemple par une crise cardiaque ça va être une autre enfin tu peux pas vraiment répondre à moins que tu te mettes sur un projet précis enfin si une mort précise mais tu peux pas vraiment y’a plusieurs morts ben quand t’es mort et que tu t’es fait assassiner, quand t’es malade et puis tu meurs d’un coup sec ou des choses comme ça..

JF : euh.. quelqu’un qui na pas encore parlé : Johanna. [35 mn]

Johanna : en fait euh..

JF : est-ce que tu peux parler fort pour tout le monde Johanna ?

Johanna : en fait comme le dit Yacine pour avoir un autre cœur y’a.. un autre cœur à une personne euh.. ben par exemple elle s’en sert ben non parce qu’après s’il a la voix de son père.. après.. non mais c’est vrai ! si on prend un autre cœur d’une personne et qu’on n’a pas cette voix comme lui euh.. qu’on a une autre voix qu’on parle euh.. qu’on parle les yeux..

JF : ouais

Anne : en fait c’est le cœur qui parle.

JF : [en riant] euh.. + Pauline.

Pauline : ben moi je pense que euh.. ¤+¤ peut-être que euh.. peut-être qu’on peut pas y répondre mais par contre euh dans la vieillesse [36 mn] c’est sûr qu’on va mourir mais.. mais dans.. dans le cœur de l’autre qui est.. un ami à celui-là qui est mort, ça se ressent.. ça se ressent très.. ça se ressent très douloureux autrement [inaudible] l’âme elle monte au ciel.

JF : donc Léa.

Léa : ben... moi c’était pour revenir sur ce que disait Guillaume. A mon avis ceux qui sont on dit que c’est pas vraiment possible parce que toi t’étais pas là sur la scène donc c’était facile, ils aurait pu faire un homme, ils l’allongent par terre et après ben y se relève c’est.. c’est.. je suis désolée mais c’est très simple. Que faire.. ah ben tiens elle était morte y’a deux minutes justement. Et euh.. ce que disais Johanna aussi je trouve que c’est pas.. pas complètement faux mais peut-être pas la voix parce que bon t’as des cordes vocales mais peut-être que euh.. comment dire ? euh.. ben si y’a quelqu’un qui.. souvent dès qu’il court un peu.. son cœur bat déjà beaucoup beaucoup et ben à mon avis.. et quelqu’un d’autre en fait quand il court beaucoup, son cœur bat un peu plus vite que d’habitude mais pas.. pas vraiment si vite eh ben je pense que euh.. euh euh si par exemple il est mort et on lui met le cœur de cette personne que quand il court beaucoup beaucoup eh ben il avait le cœur qui allait pas très très vite eh ben je pense que il euh.. il deviendra comme ça parce que le.. mais je pense que bon la voix ça m’étonnerait parce que les cordes vocales et le cœur c’est pas relié donc euh..

JF : d’accord. Euh.. Pierre. [Pierre signe]

Pierre : des personnes disent parfois.. des jeunes ou des personnes plus âgées il seraient.. ils meurent comme ça tout seuls, même des bébés.. qui meurent comme ça tout d’un coup quoi. Il sont en train de dormir, y’a rien [38 mn] et puis euh le.. le matin hop c’est terminé la personne est complètement morte.. soit parce qu’elle est restée euh.. aussi on m’a dit qu’on pouvait rester au soleil sous le soleil très très longtemps et qu’on pouvait mourir comme ça d’un coup. Moi je trouve ça choquant.

JF : d’accord euh.. Mathis.

Mathis : euh.. oui.. et.. aussi pour ce qu’a dit guillaume sur le chinois qui.. qui.. qui est mort et qui est en vie c’est.. c’est presqu’impossible parce que quand on.. mais c’est.. c’est du trucage parce que quand.. il peut dormir. Puisque on sait pas.. la télé.. on peut pas rentrer dans la télé + pour savoir Alors euh.. on peut pas savoir.

JF : d’accord +donc euh.. Morane.

Morane : ben moi j’ai euh comme disait Léa ben les cordes vocales c’est pas relié du tout au cœur donc ça m’étonnerait qu’on change de voix dès qu’on change notre cœur mais euh.. [39 mn] par contre je sais plus si le cœur c’est relié au cerveau ou pas mais euh.. oui et euh.. on change de mentalité, on n’est plus vraiment enfin.. on n’a plus vraiment personne à partir du moment qu’on change.. qu’on change.. je sais pas moi.. qu’on change mon cœur je vais plus être la même personne parce que.. toute ma mentalité est reliée à mon cœur donc ça ne sera pas la même chose.. Céline elle a un cœur..

JF : c’est ce qu’elle disait hein. Enfin c’est ce qui me semble que disait Johanna

Morane : si on me donne le cœur de Céline ben je serai pas la même personne. Je serai un petit peu Céline. ¤¤

JF : d’accord.. mais ça euh...

Anne : chuuuut

JF : bon.. ça c’est peut-être un autre euh un.. un autre débat hein. Sur qui suis-je ? Mais bon.. c’est peut-être un autre débat je dis sur : qui suis-je ? par contre : ça fait comment [40 mn] de mourir ? ça c’est le débat d’aujourd’hui. Léa et puis après Rébecca.

Léa : euh... je sais plus qui c’est qui avait dit euh.. euh que euh.. juste avant Morane c’est ? personne. Y’a une personne en fait.. euh.. ah je sais plus ce que je voulais dire. [rires]

JF : c’est Rébecca et après tu as la parole. C’est pas grave.. Rébecca.

Rébecca : bé...les.. en fait les cordes vo.. les cordes vocales enfin le cœur c’est relié a tout mais c’est pas parce que tu vas changer de cœur que tu va changer de voix en fait..

JF : et de personne..

Rébecca : ouais..

JF : et de personne.. non parce que.. on va pas s’arrêter sur la voix on va aussi.. sur la personne tant qu’à faire.. Qu’est-ce t’en penses par rapport à la personne ?

Rébecca : je sais pas.. par exemple.. je sais pas si.. par exemple les personnes que tu aimes elles sont renfermées dans ton cœur où dans ta pensée ? ++ parce que.. enfin.. +++ [41 mn]

JF : ouais.. surtout.. surtout.. enfin si je peux me permettre c’était.. c’était un.. c’était.. c’était l’un des enjeux du débat sur l’amour hein. Où était le lieu.. hein.. où était le lieu du sentiment ? euh non Johanna.

Johanna : eh ben..

JF : ah excuse-moi Léa mais c’est pas grave

Johanna : [inaudible] les personnes..

JF : Est-ce que tu peux parler fort à tout le monde ?

Johanna : les personnes des fois quand elles meurent [inaudible] les personnes parce que y sont dans le ciel [inaudible] au cimetière, ils peuvent rien faire, et puis après quand ils meurent ils sont des squelettes tout blancs [inaudible] et puis euh.. et puis après ils vont au ciel avec un ange.. ils retrouvent des anges et puis euh les personnes mortes et puis euh.. des oiseaux [42 mn] [rire nerveux]

JF : d’accord. Donc Léa puisque j’avais oublié et puis Victor

Léa : donc moi en fait euh.. je euh je sais pas mais j’ai vu un film en fait je sais plus et puis euh... ¤¤

Anne : chuuut + Victor.

Léa : y’avait deux comment ça s’appelle ? Deux personnes en fait qui étaient mortes mais au départ elles savaient pas qu’elles étaient mortes et moi je sais.. je pense que c’est comme ça en fait ces personnes elles étaient mortes noyées et au départ elles étaient toujours chez elles mais en fait comme elles étaient toutes les deux elles se voyaient pareil et euh mais elles étaient fantôme donc elles savaient pas qu’elles étaient mortes et donc y’a des gens qui sont venus dans cette maison et ils les voyaient pas et euh.. et en fait bon t’avais l’autre monde, le monde de la mort et je pense que c’est exactement pareil [inaudible] quelqu’un qui s’est fait mort écrasé.. quelqu’un qui était mort écrasé ben il était mort mais tout plat.. il était dans le royaume des morts mais tout plat. Quelqu’un qui s’était fait couper.. qui s’était fait tuer [43 mn] en se faisant assassiner ben il avait un couteau dans le ventre quand il était mort. Et moi je pense que c’est comme ça, une fois que t’es mort tu reste exactement la.. de la même façon que quand t’es mort. Si tu es mort de vieillesse, tu restes vieux, si t’es mort de euh.. de euh.. ben y’avait quelqu’un qui était mort d’un coup de soleil ben il étai tout rouge [rires] à mon avis je pense tu.. tu retourne euh.. tu vas dans le monde euh des morts.. et tu restes vraiment comme.. comme si tu t’étais.. comme si t’étais mort là si tu veux essayer.. c’est bizarre parce que eux bon ben eux ils étaient pas bizarre mais c’étaient vraiment des gens mais.. tu dis mais c’est vrai parce que euh y’a des gens quand y sont écrasés par une voiture ben y sont un peu comme ça.. voilà.. c’était pas vraiment trop plat mais..

JF Ok.. ¤ alors. .¤ y’avait.. ¤ c’est euh.. Pablo

Pablo : ben moi je crois que quand on est mort ça doit vraiment être [44 mn] euh.. ben horrible de quitter sa famille dès comme ça toute de suite..

- oui mais tu le sens pas..

Pablo : sans le savoir...

JF : chut chut. +++ continue, continue.. je faisais « chut chut » pour empêcher les autres de te couper la parole c’est tout +++

Pablo :C’est triste pour ceux qui le savent pas quand y sont morts. Aussi par exemple ceux qui sont morts dans leur lit, ils le savent pas, et.. après ils se retrouvent dans un autre monde.. ils le savent pas.. donc..

JF : ouais

Pablo : C’est terrible..

JF : ouais. Si je peux me permettre hein. Là tu lèves quel.. quelque chose qui est euh.. assez.. assez euh assez intéressant ++ c’est.. c’est la distinction quand on dit « mort », hein c’est la distinction entre euh ce qu’il y a après et le fait de passer [45 mn]de la vie à ce qu’il y a après. Quand on.. quand on dit le mot « mort » c’est les deux choses et euh.. bon.. faut voir ce qu’on peut en faire.. euh.. donc après c’est Manon.

Manon : euh t’as Léa qui dit que quand.. quand t’es mort, par exemple, mort d’un coup de soleil t’es tout rouge ba elle.. elle.. elle a dit que.. par exemple euh.. t’as.. quelqu’un qui meurt d’un coup de soleil donc euh deux minutes après il devient un fantôme par exemple.. il meurt.. il vit plus.. son cœur y bat plus et après donc y se retrouve dans.. y se retrouve fantôme.. y voit tous les autres mais les autres ne le voient pas.. mais euh.. moi je me demande si comme il est mort d’un coup de soleil et qui.. et que quand il est mort il était tout rouge eh ben que quand il est fantôme s’il est rouge ou pas [46 mn] aussi, Léa elle a dit qu’il est rouge aussi, qu’il est pareil et euh.. voilà quoi, on est jamais sûr de ce qu’on dit parce que si ça se trouve..

- [inaudible]

JF : chut chut

Marion :ben voilà, depuis le débat.. depuis le débat tout.. tout les.. toutes les personnes qui ont dit quelque chose, ça se trouve c’était euh.. tout ce qu’on a dit c’était pas ça, si ça se trouve c’était n’importe quoi ce qu’on a dit.. c’était pas ça.. ou peut-être c’était euh toute la vérité ou peut-être c’était n’importe quoi. ¤¤

JF : d’accord ¤¤

Marion : on sait jamais ce qu’on dit ¤¤

JF : ok.. + vous y êtes tous parce que y’en a.. faut.. faut.. les règles c’est.. c’est de s’écouter, vous le savez ça.. hein ? hein ? c’est éouter les autres quand ils parlent hein.. et puis chercher à leur.. à leur répondre. ¤¤ C’est..¤ c’est..¤ c’est à..¤ c’est à.. Pierre. ++[47 mn] ++ [Pierre s’exprime dans le langage des signes]

Pierre : mais après pourtant on voit bien quand la personne meurt c’est-à-dire y’a plus de peau, y’a plus rien, on voit bien les squelettes après, les os enfin je veux dire c’est pas euh.. donc ça peut pas continuer à vivre, qu’il y a plus rien qu’il y plus que y’a que les os après.

JF : alors.. Mathis tu voulais.. ah euh non c’était.. tout à l’heure tout à l’heure.. c’est d’abord euh..

- ben moi je m’appelle Johanna

JF : Johanna

Johanna :Euh.. euh [inaudible]

JF : parle fort parce qu’on t’entend pas

Johanna : par exemple ben il va tourner sur la route dans la nuit faut faire attention parce que euh après [rire nerveux] après euh.. si on voit rien et puis y’a.. si on se fait attraper puis on se fait tuer et puis.. et puis par exemple [rire nerveux] y’a une voiture qui euh qui l’écrase [48 mn] [rire nerveux] et puis euh l’endroit quand même on imagine qu’il y ait quelqu’un derrière nous et qui veut me faire du mal si c’est des voleurs et puis euh quand même euh moi je trouve pas ça très bien euh par exemple que des voleurs qui piquent et puis enfin y veulent tuer quelqu’un et puis prendre euh ce qu’il veulent c’est tout pour eux et puis [inaudible] moi je trouve pas ça très très bien parce que euh.. quand.. quand.. quand on est vieux d’accord mais quand on s’est tué avant ben.. imagine que euh on a presque.. enfin on a 6 ans et puis qu’on meurt tout de suite on a même pas grandi [49 mn] hein [rire nerveux et rires] donc c’est vrai quoi..

JF : ce qui a c’est qu’on pourrait peut-être le.. le euh.. poser un sujet du style : y’a-t-il un âge pour mourir ?¤¤ hein ? ¤¤ Y’a-t-il un âge pour mourir ?+ pour une.. prochaine fois. Parce que là c’est : ça fait comment.. ça fait comment de mourir ? Donc on pourrait peut-être se poser la question y’a-t-il un âge pour mourir ? mais une prochaine fois d’accord ?

Johanna : mais je ne me souviendrai plus de ma question après.. JF : ah oui.. peut-être que tout le monde là, réfléchit dessus aussi. Donc c’est Mathis.

Mathis : euh.. moi je reviens à ce que dit Manon euh.. l’histoire des fantômes là ¤¤..

Anne : chut hé.

Mathis : et euh.. y’a.. + moi je suis un peu d’accord avec Manon mais je trouve ça bizarre ¤ parce que elle dit y’a quelqu’un qui est mort..¤

Anne : chuchut.

Mathis : ce quelqu’un qui est mort on peut pas dire salut tiens salut [50 mn], on peut pa.. on sait pas.. s’il est là et.. ça fait bizarre parce que s’il est là.. imaginons qu’il est là ça fait bizarre ou il nous entend ce qu’on dit..

JF : d’accord. ¤¤ Yacine qui n’a pas beaucoup parlé.

Yacine : +++ moi je pense que quand on est mort on se sent tout froid, le sang il circule plus et que sans le sang on est.. on est froid

JF : oui

Yacine : eh ben.. quand on est au paradis on est normal et tout sauf qu’on est tout blanc avec des vêtements blancs et.. +¤+¤+

JF : D’accord. ++ On continue euh.. Morane, Rébecca et puis Léa après.

Morane : moi... moi je pense que quand on meurt quand on.. ché pas moi.. quand on meurt avec un couteau dans le dos par exemple.. au début quand on.. quand on.. quand on [51 mn] nous le met, on sent.. enfin si on sent un petit peu.. on sent mais ça doit faire.. je sais pas moi mais ça doit faire comme des picotements ou alors comme si on s’ouvrait le.. ¤¤

Anne : chuuuut

Morane : comme si on s’ouvrait.. puis euh.. puis après quand on est mort ça doit faire comme euh euh comme une .. sensation de.. comme si en fait notre esprit c’était nous et qu’il revivait en fait mais que notre.. nous par exemple.. comment expliquer ? notre esprit il était vivant mais que tout le reste c’était mort, parce qu’un esprit ça peut pas mourir par exemple..¤¤

JF : D’accord. Non non non pourquoi tu me dis ça ? C’est bon ? ++ c’était à Rébecca et puis après à Léa.

Rébecca : ben moi je trouve que ce débat il est.. il est beaucoup trop dur en fait.. pour nous.

JF : alors explique [52 mn].

Rébecca : Ben ché pas mais.. quand.. quand t’as des personnes de ta famille que.. que elles sont mortes euh devant toi ou qu’elles se sont évanouies ou je sais pas quoi eh ben eh ben ¤¤ c’est pas très..

- gai.

JF : tchut tchut tchut. Vas-y explique explique explique

Rébécca : parce que.. j’ai.. ma mère y’a pas longtemps eh ben elle s’est évanouie et puis je croyais.. comme si elle était morte c’est.. c’est.. c’est pas.. c’est pas..

- rassurant

Rébecca : c’est.. ¤ par exemple si quelqu’un dans la classe il a ses parents qui sont morts ou je sais pas quoi mais.. +¤+¤ ça rappelle des choses..

JF : ouais.. ouais.. ¤ sur.. est-ce que tu penses.. ¤ Rébecca ? Est-ce que tu penserais que euh il faut pas en parler ?

Rébecca : bé si mais en fait.. ++ si il faut en parler mais pas comme..+¤ pas avec euh pas.. ché pas par exemple si.. si t’a envie de dire [53 mn] à quelqu’un mais t’a pas envie de le.. enfin si t’as envie de le dire à quelqu’un de ta classe mais t’as pas envie de le dire à toute la classe eh ben..

JF : t’es.. t’es.. t’es peut-être pas obligée de dire que ta mère s’était évanouie là ?

Rébecca : oui mais.. oui.. c’est parce que c’est.. c’est.. ché pas si quelqu’un veut pas dire à la classe..

JF : non mais t’es obligée à rien dans le débat quand même hein. Je précise : on n’est obligé à rien, hein.. on n’est pas obligé de dire ce qu’on n’a pas envie de dire ++ hein ? par contre, j’ai.. j’ai une petite idée de ce que.. que tu voulais dire, c’est que sur certains sujets comme ça, sur la mort en particulier euh peut-être il vaudrait mieux ne pas ne pas faire un débat.. il faudrait ne pas.. faire un débat..

Rébecca : ce que je voulais dire..

JF : parce que ça peut.. ça peut, peut-être , réveiller des souvenirs. Ca peut réveiller des émotions etc. hein ¤¤

Anne : chuuuut [54 mn]

JF : alors par rapport.. ¤¤ c’est bon ?

Anne : Guillaume !

JF : par rapport à la question que posait Rébecca moi je.. je.. je voudrais peut-être la préciser hein euh euh pourquoi.. pourquoi ne pas parler de la mort ? hein.. sous cette forme là.. ça serait une question qu’on pourrait.. qu’on pourrait pro.. poser plus tard ou vous la mettez dans un coin et vous y réfléchissez.. mais.. pourquoi ne pas parler de la mort ? Alors, pour le moment le sujet c’est celui de Yacine hein c’est-à-dire : comment.. comment ça fait de mourir ? hein ++ Léa.

Léa : ben moi ce que je voulais dire c’est euh c’est difficile à dire surtout.. quand elle a dit ça ça m’a fait penser à une personne en fait qui.. de ma famille qui est morte.. et.. chez moi j’ai un cimetière qui est juste à côté et puis avec une amie on savait pas quoi faire et puis on est rentré dans le cimetière et on s’amusait à lire les plaques.. enfin on s’amusait [55 mn], on lisait les plaques on va dire.. c’était pas marrant.. et.. et on ramassait les pots de fleurs et en lisant une plaque à un moment donné eh ben.. eh ben un truc qui m’a fait peu quand même parce que ça nous a rendues un peu tristes on a vu quelqu’un qu’était.. qu’était né je sais plus quel jour, enfin qui était né un certain jour, y’avait marqué qu’il était mort le lendemain matin. Et donc nous ça nous a.. ça nous a fait hyper peur.. on est parties du cimetière et pour te dire qu’il y a quelqu’un qui est le lendemain matin qu’il est né euh.. qui est né et que le lendemain matin qui est mort, je pense que c’est pas très.. surtout pour les parents.. tu te dis un jour j’ai mon enfant et puis là j’ai plus mon enfant ¤¤¤

JF : d’accord ¤¤¤ alors.. ¤¤ c’est bon ? euh.. Guillaume qui a pas encore parlé.

- si il a parlé..

Guillaume : une fois moi c’était pareil avec mon cousin on était partis dans un cimetière [56 mn], mes parents étaient en train de déposer des fleurs pour.. pour.. ¤¤¤

JF : hé attends Guillaume attends..

Anne : chuut

JF : ..personne ne t’écoute.. ou si.. y’en a qui t’écoutent pas.. c’est bon vous y êtes ? allez Guillaume vas-y.

Guillaume : ben une fois on était avec des.. des.. mes parents on était en train de déposer des fleurs avec mes cousins et puis une fois moi avec mes cousins on était partis, on s’était éloignés on a vu.. et euh.. on a vu quelqu’un de notre famille euh.. on a vu quelqu’un de notre famille euh.. vraiment ça nous a fait très peur.. de toute façon on l’avait vu.. on l’avait vu.. on l’avait vu y’a je sais pas.. on avait passé au moins une semaine.. le lendemain on l’avait plus revue et mon tonton.. mon tonton.. c’était pas vraiment mon tonton mais.. on se baladait dans le cimetière comme ça, mes parents allaient déposer le bouquet de fleurs pour mon tonton, et moi j’arrive devant la tombe de mon tonton, je lui dit : « tonton machin.. » enfin je ne lui dit pas tonton mais je lui dit carrément mon tonton, et puis je me demande si c’est vrai et puis après.. ça m’a fait très peur.

- ils te l’avait pas dit tes parents ?

Guillaume : non.

JF : il faudrait.. la.. la..

Guillaume : je savais pas où il était je croyais qu’il était parti en voiture enfin quelque chose comme ça ¤¤¤

JF : faudrait peut-être.. faudrait peut-être.. vous y êtes là ? Faudrait peut-être réfléchir sur.. sur.. Guillaume y dit ça lui a fait très peur.. peut-être réfléchir sur.. sur euh.. la question de la peur.. qu’est-ce que ça veut cette peur ? comme ça.. ok ? Mathis.

Mathis : euh moi.. y’a quelqu’un.. y’a quelqu’un.. en fait y’a un copain.. je ne sais plus comment il s’appelle.. en fait y’a un copain avant qui est.. qui est allé au cimetière avec son oncle.. et en fait y savait pas.. y savait pas que sa famille était morte, enfin presque toute sa famille [58 mn] parce qu’il y avait beaucoup qui étaient morts, je sais pas pourquoi, et après y’a euh.. y’a euh.. et mon copain y s’est dit tout ça de ma famille est mort, il se demandait pourquoi, ça lui fait très très peur, et.. et il avait vers trois ans et puis après il a.. il a cru qu’il pouvait revivre, qu’il était près de lui, il l’a senti, et puis après euh.. je sais pas ce que ça lui a fait mais euh.. ça doit être euh.. + horrible que.. ¤¤

JF : oui euh.. ¤¤ donc.. ça.. ça sera Pau.. Pauline et après Elvis. ¤¤

Pauline : ben en fait.. ¤¤

JF : attends attends.. Pauline que tout le monde t’écoute.. Il reste deux minutes, donc il faut penser.. ¤¤

Anne : chuuuut

JF : à.. ¤

Anne : allez deux minutes de concentration.

JF : il faut penser que c’est dans deux minutes donc si vous avez quelque chose à dire, c’est le moment hein. [59 mn]++

Pauline : moi je dis que les morts y sont pas.. y sont pas dans.. pas loin de nous parce que.. parce que euh quand même si on se rappelle d’eux, ben si on se rappelle d’eux [inaudible] de.. eux. Moi je dis que toujours, même si on les voit pas, toujours.. à un moment [inaudible] toujours [inaudible] quoi que ce soit.

JF : d’accord. Euh c’est bon ? Elvis. [parle avec le langage des signes]

Elvis : je marche.. je marchais dans.. dans un cimetière, je me promenais une fois.. et puis ben j’ai senti quelque chose.. [60 mn] enfin j’ai essayé de.. de rentrer dans quelque chose et puis ¤¤¤ et cinq personnes que je ne connaissais pas qui jouaient euh.. dans le cimetière quoi sur les tombe et tout ça.. y c’étaient fait fâcher et il fallait qu’ils sortent. Puis après j’ai regardé la plaque à côté de laquelle ils étaient justement et c’était une personne qui était enterrée et qui était morte à l’âge de quatre ans. Et qui en fait avait été tellement battue euh.. que ben euh le.. le.. le.. la petite fille ou l’enfant était morte comme ça de maltraitance et ça m’avait donné un effet ché pas.. ça m’a fait beaucoup beaucoup de peine enfin. ++

JF : ça y est ? bon donc ¤¤ Johanna, essayez de faire court parce il reste plus qu’une minute là ¤¤

Anne : chuuuut ¤¤¤

JF : Johanna. ¤¤

Anne : chuuuut ¤¤¤

JF : court hein

Johanna : quand.. [61 mn] quand.. quand y’a des autres qui meurent eh ben le cercueil ça fait mal au cœur des fois enfin.. plusieurs fois quand y’a quelqu’un qui meurt ça fait mal au cœur, c’est triste et euh.. c’est euh.. c’est du chagrin. Et puis aussi je veux [inaudible] quand y’a une famille.. quand quelqu’un est très très vieux et ben euh.. euh là il est mort parce que il a en fait.. il a euh.. il a euh.. beaucoup plus de trente-six ans alors.. alors après euh.. +¤+¤

JF : c’est.. c’est bon ? ¤

Johanna : oui. ¤

JF : alors.. je donne la parole aux trois : Rébecca, Morane.. non non c’est fini après.. et Pierre après. ¤¤

Anne : chuuut ¤¤

JF : Rébecca, Morane et puis.. [62 mn] Pierre. Après on arrête.. il est l’heure.

Rébecca : moi je..

JF : rapide hein.

Rébecca : par exemple.. si.. ché pas si.. quand je serai plus grande ben le père de mon enfant si j’en aurais un eh ben il mourrait ben je le dirais tout de suite à l’enfant, j’attendrai pas lui dira ben il est parti dans un monde.. dans un voyage très long..

JF : je vais te couper là Rébecca. Je pense.. je vais proposer qu’on prenne le sujet dans deux séances, pas la prochaine parce que c’est sur le racisme mais après : pourquoi ne pas parler de la mort ? D’accord ? ¤¤ ou pourquoi en parler ? D’accord ? ¤¤

- on peut parler de la vie.. ¤¤

JF : tchut.. ¤¤ d’accord Rébecca ? ¤¤ Comme ça on pourra peut-être en parler pendant une heure. ¤+¤ Morane.

Morane : ben moi c’est.. moi une fois j’étais allé au cimetière avec ma mamie et je.. j’étais allée arroser les plantes qui étaient juste.. juste à côté de son.. ++

- de sa tombe ?

Morane : et euh.. à un moment j’avais.. [63 mn] elle est enterrée avec mon papi et euh moi je savais pas que mon papi il était mort.. mon arrière grand père je savais pas qu’il était mort et euh.. donc j’ai.. j’ai été arroser les.. les fleurs et, à un moment ben j’ai vu que mon grand pè.. enfin mon arrière grand père il était à côté et puis je me suis mise à pleurer puis ma maman elle elle avait enfin.. elle non plus.. enfin si elle le savait parce qu’il était mort quand elle était petite mais elle avait.. elle me l’avait pas dit qu’il était mort..

JF : hum.. d’accord..

Morane : après.. et après je l’ai jamais connu.. puis ça m’a fait beaucoup de peine de voir ma grand mère avec.. ça m’a fait bizarre. ¤¤

JF : alors.. je.. je suis désolé hein, c’est Pierre puis on arrêtera après Pierre. ¤¤ [Pierre utilise le langage des signes]

Anne : chuut

Pierre : j’ai vu dan un.. j’ai vu dans un journal, il paraît qu’il y avait une maman qui avait [64 mn] maltraité son bébé qui était petit qui avait deux ans quelque chose comme ça.. et puis un autre enfant qui avait six sept ans et qui du coup avait été tué avec un couteau et la maman qui a fini en prison. Je l’ai lu dans le journal ¤¤

JF : non.. on arrê.. on arrête, je vous l’ai dit, il y a déjà trois minutes de trop.. donc.. ¤¤ on arrête là.. [64 mn 23 s]


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